Exposé sur la pédagogie active

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Exposé sur la pédagogie active
Pédagogie

Pédagogue, la première fois qu'on utilise ce mot, c'est en Grèce à partir du VIIIème siècle avant J-C, à l'origine on nommait ainsi l'esclave charger d'accompagner les enfants à l'école . Cet esclave était chargé d'enseigner à l'enfant notamment par la pratique des sports, à devenir un kalos kagathos, un homme "beau et courageux".

Le pédagogue aujourd’hui : Ce n’est pas un « théoricien de l’éducation ». C’est un « acteur réflexif » qui cherche des outils de compréhension et d’action dans un même mouvement. La pédagogie est ainsi une « théorie pratique » (Durkheim).

Pédagogie : Ensemble des méthodes utiliséees pour éduquer un enfant, un adolescent, une personne; Pratique éducative dans un domaine déterminé, méthode d'enseignement
Arbitrairement, mais surtout en parallèle avec la pédagogie de l'Odyssée du sens j'ai décidé de vous parler du mouvement de l'Education nouvelle.*
Education Nouvelle*(cf lexique) : Courant de la pédagogie prônant la participation active de l'enfant à sa propre formation.

Ce qui a permis l'Education nouvelle, ce sont surtout l'audace et l'inventivité de certains pédagogues que je vais vous présenter. Alors il y a ceux qui ont écrit, théorisé comme Rousseau et puis d'autres qui ont confirmé leurs intuitions en pratique et méthodes. Rousseau notamment a écrit "qu'il n'apprenne pas la science, qu'il invente... Car si vous substituez dans son esprit l'autorité à la raison, vous n'en ferez jamais un être libre"ou "l'obéissance à la loi qu'on s'est soi-même prescrite est liberté"
L'Emile de Rousseau restera le livre de chevet du 1er pédagogue que je vais vous présenter :

 Johann Heinrich Pestalozzi(1746-1827) est un pédagogue suisse à la base de la pédagogie moderne. Il fonde tout d'abord une entreprise agricole à vocation éducative qui le ruine rapidement, le Neuhof. Cet échec lui permettra de se rendre compte que dans cette entreprise il avait voulu réaliser un rêve d'adulte qu'il avait plaqué sur des enfants. Mais pour lui l'Ecole doit faire oeuvre de pédagogie. L'éducation trouve son sens dans un projet d'autonomie. Il dirige plusieurs établissements avant de connaître le succès à Yverdon-les-Bains. Il n'aura de cesse de construire un environnement où liberté, action et responsabilté(intérêt personnel et de l'ensemble) soient reliés.

Sa méthode : -Observer la nature enfantine,
                    -Dégager des lois propres de son développement
                    -Agencer un environnement à ce développement
                    -Prendre en considération la dimension sociale de la relation éducative
                    - Rendre effective sa capacité d'action
 Pédagogie dans le domaine agricole et artisanal, enseignement mutuel
Ce qui est le plus important dans sa méthode c'est l'esprit : - Observer, examinez et si quelque chose de mieux vous apparaît ajoutez le en vérité et en amour
Quiconque s'approprie sa méthode, enfant, adulte, personne, il arrivera un moment où il développera une force qui développera son individualité et parcourera de façon autonome la fin de sa formation. Sinon mon entreprise aura échoué.

 Au centre du processus trois points de vue : -la tête
                                                                 -le coeur
                                                                 -et la main
Trois points de vue en action d'autonomie:
-Avec la tête, Pestalozzi veut désigner le pouvoir qu'à l'homme de se dégager par la réflexion du monde et de ses impulsions confuses en élaborant concepts et idées.
 -Avec le coeur, il veut désigner la sensibilité de l'homme et le rapproche de ses semblables dans la lutte engagée en vue de maîtriser la Nature par le travail
-l'homme de ce conflit où il est sollicité entre ce qu'il est profondément et ce qu'il doit faire, se faire un oeuvre de soi-même : c'est la main
Ces trois éléments concourent à la production de la force autonome. Pour Pestalozzi, l'éducateur occupe une place privilégiée au point de rencontre entre le désir sensible et la raison sociale chez l'enfant, ou la personne , ils ont le pouvoir de développer la force autonome ou l'entraver; c'est pour lui la responsabilité morale du pédagogue. Finalement, l'éducateur doit maintenir un équilibre qu'il précise n'est jamais acquis entre le pôle intellectuel, sensible et technique.

A l'époque, les éducateurs passent plus de temps dans les séminaires intellectuel sur la force autonome , bref ils démissionent, fuient devant l'action. Pestalozzi préfère saboter son institut et il écrira "le chant du cygne" là où il écrira que l'important est de libérer la force autonome pour que chacun puisse faire oeuvre de soi-même.

Fröbel Friedrich(1782-1852) Pédagogue allemand
Sa mère meurt jeune et son père se remarie avec une femme qui le négligera. C'est pourquoi il se retrouve seul et pendant son adolescence il va apprendre le goût d'observer, de contempler , d'apprendre par lui-même. Il découvre Pestalozzi tardivement par hasard en étant engagé dans un de ses instituts. Selon lui, c'est par son activité propre que l'enfant dévelope son autonomie. La force (intérieure) se développe dans la confrontation avec le contexte(extérieur). Les trois forces perceptive, cognitive ; habileté et morale ou religieuse, ne peuvent se développer qu'avec un environnement adapté.

Mais il n'a pas d'idée personnelle sur l'Education donc il va parfaire sa formation : anthropologie, philosophie, physiologie, pédagogie,langues, physique... Après cette formation qu'il diminuera, (langues, physiques, trop), il va développer ses propres théories et pratiques.
Dans son institut il développera sa pratique :notamment la loi du sphérique qu'il nommera plus tard loi d'unification de la vie : "Intérioriser l'extérieur et externaliser l'interieur; dans les deux cas réaliser l'unité, c'est pour lui la destinée de l'homme"
-Les élèves sont affectés dans un groupe où ils ont un éveil intellectuel, par des textes, des dessins, mais aussi une formation pratique, (ferme, jardinets) , ils font également des exercices physiques, des jeux éducatifs, des tâche de construction, une exploration possible des jeux, des structures et de leur fonctionnement
Une des particularités de Fröbel est d'avoir compris quelque chose dans l'éducation : pour lui l'éducation ne va pas sans l'étude des sciences. Mais nul ne peut avoir un comportement scientifique s'il n'a pas compris que la conscience est le point de rencontre et d' élucidation mutuelle entre le moi et le monde extérieur. Pour lui, c'est agir scientifiquement que d'explorer son propre univers, sa pratique quotidienne, la mase des phénomènes observables dans le monde du vivant pur en découvrir les lois et les structures. Donc Fröbel dans son institut met en pratique la tête, le coeur, et la main mais il rajoute quelque chose de fondamental : la conscience de soi.

Un relan de conservatisme fait que les parents enlèvent leurs enfants de l'institut, il construiera plus tard un autre institut basé sur ses principes en particulier le principe de "l'action créatrice" matin, enseignement après midi artisanat. En fait son oeuvre que l'on retiendra sera surtout la création de matériels de jeux basé sur l'autoapprentissage et le précurseur des jardins d'enfants : dons et occupations: jeux en rapport avec les sens la forme, la construction; jeux médiateurs entre les éducateurs, précisément la mère et l'enfant.
Livres : De l'éducation de l'homme, Fröbel
 Principes de l'éducation de l'homme, Fröbel.

Maria Montessori Pédagogue italienne
Elle a été inspiré par Itard , Fröbel. Pour elle, l'enfant était la continuation de l'acte de création. Aucun terme ne peut rendre compte du processus qui l'intéressait que reformatio au sens originel, réorganisation, renouvellement de la vie. Elle a démontré par sa pratique que l'enfant dans un environnement appropprié peut être libre, vivre et apprendre. On lui doit s'inspirant des soeurs Agazzi la modification des cadres de vie de l'enfant, l'enfant dans ses maisons peut agir sur l'environnement. Une des choses qui caractérise sa pédagogie est qu'elle donne une égale importance au développement interne et au développement externe : - éducation des sens - causerie -exercice d'harmonie du corps, soins du corps pour s'observer soi-même -exercice de grâce, de respiration -on déjeune ensemble , activité de ménage, de préparation à la vie quotidienneetc... -dessin d'observation de la nature -travail manuel -soins aux plantes, jardinet... L'importance est donné chez Maria Montessori à l'initiative, l'éducateur est là pour observer, en silence, c'est l'attitude qui compte plus que la compétence : anticiper ses nouveaux besoins, installer un cadre un environnement de beauté pour permettre à l'enfant d'aller vers ses centres d'intérêts , il peut répéter l'action tant qu'il veut , l'important est la maîtrise du processus. La coopération est importante , l'enfant plus grand peut aider un plus faible en le respectant. Son matériel est basé sur l'autocorrection , il permet à l'enfant de travailer seul le plus possible; le but est de mettre de l'ordre dans le chaos de l'enfant.

Le plus important à retenir chez Maria Montessori c'est sa foi en l'hormé : concept qu'elle tient de Percy Nunn en chaque individu est à l'oeuvre une force vitale qui le pousse à chercher l'accomplissement de soi cette force c'est l'hormé.
Livres : L'enfant
L'esprit absorbant de l'enfant ,Maria Montessori

John Dewey Philosophe et pédagogue américain Pour lui, il y a une relation interne et vitale entre le besoin de philosopher et la nécessité d'éduquer, écrit-il à sa femme. Pour lui, les enfants sont des êtres actifs qui apprennent en se confrontant au problème qu'ils rencontrent au cours d'activité mobilisant leur intérêt. L'enseignement lui donne une direction. L'enfant a quatre impulsions innées :
 -communiquer, construire, chercher à savoir, et affiner son expression; ressources naturelles de l'enfant.
Pour lui, le problème de l'école traditionnelle est qu'elle est faite pour une reproduction de la société , la répétion atrophie le caractère social de l'enfant. Pour transformer l'école, il faudrait qu'elle soit organiser en coopérative. ( ce que Freinet concrétisera)
 Il créera en 1896 une école expérimentale qui réinserrera les savoirs dans l'expérience. Au centre de l'école est l'occupation. L'enfant agit : à 4-5 ans, il fait de la couture, de la cuisine, de la menuiserie;
6ans il peut travailler à la ferme, dans les champs, faire pousser du blé du coton, récolter et les vendre sur le marché;
 7ans recréer une caverne des temps préhistoriques;
8ans se plonger dans les aventures de C Colomb, Magellan,
10-12 ans, construire un réplique des colons, faire des expériences scientifiques , anatomie, électromagnétiques, politique; créer un club de débat; construire un local de taille résonnable pour cela: en fait ce sera un projet collectif qui réuniera tous les âges.

Parallèllement à ces constructions et occupations, ils étudient en fonction des besoins de l'obstacle les matériaux et les processus qu'ils utilisent , ils en font une étude pour comprendre le rôle qu'elle joue dans la société , recherche historique, travail en mathématiques, géologie, physique, arts plastiques, musique, langues etc... Un savoir faire arrive lorsque l'enfant en reconnait l'utilité pour résoudre les problèmes de son occupation.Il pense que lorsque l'enfant a compris l'utilité d'un outil comme la lecture il s'en sert et apprend d'autant mieux. Les livres et les lectures sont considérés comme des outils. Il y a dans les projets des rotations de rôles. L'élève apprend l'autonomie mais aussi apprendre à faire avec d'autres. Ce que Dewey apporte c'est la réinsertion des savoirs dans l'expérience, les apprentissages deviennent des outils pour résoudre un problème, un projet, mais aussi l'enfant devient actif dans sa formation et un partage des pouvoirs se fait. L'éducateur aide l'enfant par ses savoirs, notions et outils mais lorsqu'il en a besoin pas avant. Dewey espérait être une source d'inspiration pour ceux qui veulent réformer l'école. Comme nous allons le voir ce fut le cas avec Ovide Decroly, Freinet et la pédagogie institutionnelle.
Comment nous pensons
Mon credo pédagogique
Démocratie et éducation Dewey

Ovide Decroly Psychologue mais surtout pédagogue suisse Il affirme que l'école populaire crée des antisociaux, des épaves, et qu'elle donne une prépondérance au langage et à l'intellect. Plutôt que langage, il préfère parole articulée, et expression. L' expression utilise le corps, la main, la parole, l'écrit, l'art qui sont souvent négligées à l'école. Le but de l'éducation pour lui est d'éviter de cloisonner. L'enfant doit participer activement à sa formation.
La vie est un des fondement de son école :
1) L'école doit permettre des chances de réussites dans l'existence des individus en tant qu'homme, femme, travailleur,euse, citoyen, père, mère etc...
 2) L'enfant doit apprendre qu'il est un être vivant doué de sens, d'un corps, il va apprendre, comment ils fonctionne, comment il mange, dort, respire...
3) La vie se construit dans les échanges : d'abord proche famille, quartier, elle lui ouvre progressivement l'espace : nature, ville, usine, marchés, bureaux, institutions; elle l'aguerrit par l'éducation physique et le maniement des outils de l'ouvrier ou autres(rabot,marteau,scie, bêche, marteau)
4) l'appartenance à la chaîne du vivant : de la nature à la grande ville moderne : c'est le processus de l'évolution humaine pour Decroly
 5) Les mieux adaptés sont ceux chez qui l'entraide est le mieux organisée: l'école doit aider à sortir de l'égocentrisme et d'assurer la vie en commun : élection de délégués, rotations des tâches, reddition des comptes... L'observation lui a montré le cadre mortifère de l'école, il s'est rendu compte que le milieu naturel, les champs, les prairies, les animaux à élever, les plantes à récolter constitue un vrai matériel intuitif capable d'éveiller et de stimuler les forces cachées de l'enfant.
Il arrive bientôt au premier jeu éducatif : il s'intéresse au lapin : on l'aide à observer et à trouver un endroit pour construire un clapier, se documenter sur les races, son alimentation, écrire à des vétérinaires...
Ils créent des jeux, jouent à la cueillette, la chasse, l'artisanat, le commerce, les jeux institutionnaux(tribunal...)et créateurs(productions poétiques, romanesques, graphiques) Les enfants les plus jeunes jouent mais par le jeu ils comprennent leur environnement : ils créent des jeux avec lui en bois et en cartons : puzzle, jeux logiques, motricité, acuité visuelle, motrice, auditive, perception du temps de l'espace, du temps, de la grammaire, du langage etc... : ils on été commercialisés et connu un franc succès
La liberté de choix stimule le travail scolaire, les apprentissages et exercices sont conçus comme des outils indispensable à la résolution d'un problème. Le verbe réviser passif réviser est remplacé par le verbe actif préparer: les plans de travail peuvent aller de trois jours à une année suivant l'âge et le projet : excursion, élevage, plantation,... ptitude à trouveL'enfant en primaire, cueille, sème, plante... Il observe associe exprime, il faut créer l'environnement appropprié
PLus grand l'enfant , plutôt l'adolescent utilise les divers ateliers(serre, champs, imprimerie, bibliothèque, lopin de terre, cuisine, laboratoire...) pour créer ses propres outils d'apprentissage qui lui conviennent le mieux et qu'il utilisera toute sa vie. Ainsi ce type d'école favorise l'autonomie, l'autoapprentissage, le goût et le sens de la recherche, responsabilité dans le travail personnel, prise de notes précoces, maniement du croquis, du schéma, aptitude à trouver et exploiter une documentation. Pas de bulletin, mais des rapports réguliers de ses progrès, intellectuel, social, et physique. Le respect de la sensibilité littéraire , leur variété favorise la réflexion, l'imagination, la sensibilité. L'école est aussi un lieu de communication : la causerie, l'échange de messages, la lecture de textes d'actualité entraîne l'oralisation; La participation à la création théatrale collective, l'affichage mural, diverses assemblées. Les faiblesses sont vaincues par la massive production et la vigilance et le perfectionnisme de certains et d'autres compétences dans d'autres domaines. Comme on le voit c'est celui qui a le plus mis en action Rousseau ou Pestalozzi, et continué l'oeuvre de Dewey. Mais il a rajouté autre chose les jeux éducatifs, l'autoapprentissage pour la vie, une approche intuitive et constructiviste mais aussi la communication à l'école qui sera relayé par Freinet et la pédagogie institutionnelle.

Mais avant je vais vous parler de Roger Cousinet (1881-1973)qui est le pionnier de l'Education Nouvelle en France. Alors je vais surtout rajouter sa méthode mais elle a été reprise surtout dans les pays étrangers mais pas spécifiquements en France. C'est une méthode de travail en groupes où les élèves choisissent une activité de connaissance ou une activité créative. Les élèves observent, expérimentent sur un thème scientifique, historique ou géographique ou autres note ses observations et ils rédigent une fiche collective. Parfois, le maître peut préparer des fiches méthodologiques pour aider au travail. L'élève a surtout appris à apprendre. Il est l'auteur de formules radicales telles que : "Il faut que le maître s'arrête d'enseigner pour que les élèves commencent à apprendre"

La pédagogie institutionnelle et Freinet.
Alors Célestin Freinet(1896-1966) c'est un Etre qu'il me tarde de vous faire découvrir : tout d'abord une citation pour vous le présenter : " Il aimait à rappeler cette phrase de Barbusse : les mots qui ne sont que des mots sont presque des mensonges"
Alors son école se rapproche de Ovide Decroly mais il a rajouté des outils dans son oeuvre : en effet l'écrivain, son oeuvre sont des livres, le pédagogue, son oeuvre sont les outils qu'il a ajouté à l'oeuvre internationale de la pédagogie :
il a rajouté une démarche : le tatônnement expérimental, l'étonnement devant la vie,
-la classe promenade : observer le milieu naturel et humain, dont on rapporte les échos oraux, puis écrits, ces textes constituront le socle des apprentissages élémentaires - la grille auto-évaluative et brevets qui confirme une nouvelle compétence acquise
- la lecture travail avec des fichiers avec sujets précis pour les recherches sur un thème -l'appel aux témoignages individuels avec une parole vraie pour parler d'évènements marquants ou qui les ont frappé et auquels ils ont participé : ceux qui donnera lieu au texte libre
-le journal scolaire diffusé dans les milieux familiaux,
- la correspondance interscolaire pour parler des témoignages personnels choisis démocratiquement et amendés en commun pour une communication extérieure
-l'imprimerie, à l'école, le limographe, les tableaux et en 1932 déjà les bandes magnétiques, la projection, le film pour illustrer en vue de conférences-élèves pour présenter un thème
-et surtout la transformation du cadre scolaire et la coopérative scolaire pour pouvoir faire vivre les différents ateliers(forage, menuiserie, activités ménagères,documentation, expérimentation, reproduction, activité artistique, jardin scolaire, lieux d'élevage...) qui s'est transformé en coopérative de l'enseignement laïc.(CEL) Pour lui, le besoin de savoir naît de l'obstacle, de la discontinuité dans les évidences, de la non compréhension. Livres : L'éducation du travail
Les dits de Matthieu
L'essai de psychologie sensible appliquée à l'Education
L''école moderne française Célestin Freinet a participé au film L'école buissonière

Fernand Oury, la pédagogie institutionnelle et la psychothérapie institutionnelle.
 Fernand Oury(1920-1996)
Instituteur, il est confronté à des enfants difficiles en dehors du cadre champêtre. Dans son milieu qu’il décrira plus tard comme celui de «l’école-caserne», il refuse d’être un «gardien d’enfant». «Garder, faire aligner, faire taire : c’était contraire à mon éthique personnelle.»
Fernand Oury est un pédagogue français qui va être influencé par trois voix, et Makarenko un pédagogue russe.

Makarenko Anton(1888-1939) Pédagogue russe
Instituteur puis directeur d'école, il fonde des maisons d'enfants pour orphelins de la guerre civile qui suit la révolution bolchevique. L'histoire la plus célèbre est racontée dans Le poème pédagogique.Face aux difficultés de rééducation, il a des idées avant-gardistes et très modernes :
-il faut agir sur l'environnement et créer des conditions de travail et de vie pour reonstruire "un homme nouveau". L'enfant est malade , soignez le milieu nous dit-il.
-Ses idées sur l’évolution des fonctions éducatives de la collectivité, qui devient, d’objet passif sur lequel s’exerce l’action des pédagogues, un sujet actif prenant en main l’organisation de sa vie propre
-L’œuvre théorique et pratique de Makarenko concernant le développement de l’autogestion et sa conception du rôle du « noyau actif » dans la collectivité éducative : système de rapports et rotation des équipes , activité du conseil ainsi que des divers comités permanents et temporaires, etc. — par exemple la participation de tous les élèves sans exception, même les plus jeunes, à l’exercice des diverses fonctions d’organisation dans la collectivité primaire et la collectivité générale, mais aussi dans le travail manuel la garantie de la responsabilité réelle de la collectivité et de ses organes pour les décisions prises, leur exécution et le contrôle de leur application.
Par exemple, un "tribunal permettait aux enfants de statuer sur les sanctions et de traiter les comportements déviants sans recourir à l'exclusion. L'éducateur reste le garant de l'intérêt commun. Les grands et les forts ne peuvent offenser les petits et les faibles : telle était la règle immuable de la communauté et celui qui l’enfreignait encourait la réprobation collective. Ainsi, loin de l’étouffer, la collectivité garantissait la liberté de chacun.

Fernand Oury consulte également Fernand Deligny(1913-1996)qui est une des références en éducation spécialisée dans les enfants, adolescents que l'on peut appelé "cas sociaux". Il introduit pour travailler avec eux des méthodes nouvelles comme le cinéma. Il a écrit alors quelques livres qui font encore parler d'eux aujourd'hui : Graine de crapule, Les vagabonds efficaces et a fait l'objet de plusieurs films (notamment Le moindre geste dont il est coréalisateur avec Josée Manenti)
Fernand Oury commence donc par rencontrer des pédagogues qui ont pris en charge les enfants les plus en difficultés, ceux qui sont en proie à la plus grande violence sociale.
Puis il découvre Freinet et finalement sa pédagogie repose sur trois courants : Il va utiliser la métaphore du trépied : les techniques Freinet, la dynamique de groupe américaine et la psychanalyse.
Premier pied: les techniques Freinet. Le travail scolaire est organisé à partir d’un ensemble d’activités de productions et d’échanges: l’imprimerie et les moyens de production d’écrits, la correspondance, les échanges, les enquêtes, le journal scolaire, le texte libre, les fichiers auto-correctifs, la bibliothèque de classe, etc

 Lorsqu’il crée le système des «ceintures», en référence au judo, un art martial qu’il pratique lui-même, Oury complexifie la classe Freinet : il s’agit d’abord de montrer l’hétérogénéité de la classe et de fournir à chaque élève la possibilité d’un repérage efficace de ses compétences et des progressions possibles. Mais ce codage permet aussi un dialogue avec d’autres institutions de la classe: si tel élève exerce tel rôle à tel moment, ce n’est pas dû au seul bon vouloir du maître mais à la relation entre des compétences en partie au moins objectivables et un pouvoir ou une place disponibles.

 Le second pied s'intéresse à la dynamique de groupe et à l'observation de l'enfant dans le groupe-classe,dans la lignée de Bion, Lewin, mais bien d'autres comme Rogers, Fromm et d'autres.
Le troisième pied prend en compte la psychanalyse, influencé par Lacan, Dolto, Freud, et le mouvement de la psychothérapie institutionnelle, avec J. Oury et F. Tosquelles. Cette théorie est renforcée par le Conseil de coopérative, qui existe déjà chez Freinet mais qui se différencie chez Oury en plaçant l'accent sur le relationnel.

Le conseil est le lieu où la parole engage, on peut y parler sans crainte, rien de ce qui y est dit ne peut provoquer une sanction. C'est avant tout un lieu de recours où l'on peut se plaindre, critiquer, proposer, demander. C'est le seul lieu de décision, permettant de partager le pouvoir entre eux et avec l'enseignant. C'est un moment privilégié qui aide l'enfant à entrer dans le langage. Il rajoute aussi des lieux de parole : il y a d'abord l'entretien du matin, qu'on appelle le "quoi de neuf ? , ensuite vient le choix de textes où les enfants présentent une histoire vraie, imaginaire, la clé de voûte restant le Conseil.

C’est Jean Oury, psychiatre et psychanalyste, frère de Fernand Oury et fondateur de la clinique psychiatrique de La Borde, qui a proposé les termes de «pédagogie institutionnelle» lors du congrès de Paris de l’École Moderne, en 1958.

Petit historique

-ci. Le premier qui symboliquement enlève les chaînes et les considèrent comme des individus à part entière c'est Pinel en 1793. IL inventera le traitement moral, 1ère pratique éducative dans une institution telle que celle-ci.
Avec Pinel, Le " fou " est considéré comme un sujet à part entière : la possibilité de communiquer avec lui, même si on se reconnaît pas en lui, et la folie n'est plus une maladie intemporelle dans la mesure où s'il y a eut un début, il peut advenir une fin. IL inventera le traitement moral, 1ère pratique éducative dans une institution telle que celle-ci. Il s'agit précisément d'une écoute empathique dans laquelle le malade retrouve sa dignité de personne à nouveau reconnue et l'estime de lui-même,mais il doit également savoir se faire craindre et il ne doit aucunement partager son pouvoir. Le médecin sera toujours le maître de la situation pour " normaliser " le malade car lui seul sait par son savoir ce qui est pathologique et ce qui est normal. Pour qu'il réintègre la normalité, il donc nécessaire de mettre en place des actions éducatives qui s'appuieront sur des valeurs morales bourgeoises, c'est-à- dire des valeurs qui s'appuient sur le travail.

En 1795, Colombier (médecin de Charenton) et Doublet (inspecteur adjoint des hôpitaux civils et maison de force) écrivent " l'instruction sur la manière de gouverner les insensés dans les asiles ". Pour eux, l'insensé peut retrouver la raison par des paroles douces et rassurantes, par une hygiène et des soins de confort, des promenades quotidiennes, des vêtements amples et adaptés aux saisons, une diététique appropriée, etc. et aucune violence à son encontre ne saurait être toléré. De même Joseph Daquin, médecin à Chambéry dans sa " philosophie de la folie " (1791) conclut :
" On réussit infiniment mieux et plus sûrement auprès des malades qui en sont atteints par la patience, par beaucoup de douceur, par une prudence éclairée, par de bonnes raisons et par des propos consolants qu'on essaie de leur tenir dans des intervalles lucides dont ils jouissent quelques fois. C'est la réunion de tous ces moyens que j'entends par philosophie "

Echec du traitement moral

Echec théorique A trop vouloir " réprimer la fougue de l'imagination, la fugacité des impressions (Esquirol) ", une dérive du traitement moral s'est produite. La théorie se voulait dans une visée philanthropique et humaniste, mise en action individuellement et la voilà qu 'elle est utilisée à des fins coercitives sur un Collectif enfermé derrière de hauts murs. Les aliénistes ont tout pouvoir dans ce lieu clos et certains se comparent à un chirurgien. Pour sortir le malade de sa manie les moyens comme la peur, la colère ou la douleur sont employés comme des outils pour faire diversion au délire. Il faut coûte que coûte le sortir de sa maladie en s'emparant de son attention, c'est-à-dire le guérir.

 Echec économique
 Avant la loi de 1838, les malades sont des hors-la-loi qu'il faut exclure de la société. La loi du 16-24 août 1790 les assimile à des animaux errants qui peuvent dévaster les biens collectifs ou individuels, car la raison leur fait défaut. Cette " confie à la vigilance des corps municipaux les événements fâcheux qui pourraient être occasionnés par les insensés ou furieux laissés en liberté et par les animaux malfaisants et féroces ". Pour les maires, c'est une charge financière qu'ils désirent se passer et pour éviter de payer, ils les envoient à Paris en les abandonnant dans la ville ou encore ils les enferment dans les maisons de force ou de détention ou dans des dépôts de mendicité. Certains départements qui n'ont aucun local pour les recevoir les laissent dans leur famille ou encore ils sont exposés à la pitié publique.

Au regard de Pestalozzi, je dirais également qu'il n'y a pas eu de possibilité de mise en relation des trois pôles intellectuel, sensible et technique.

Revenons sur la psychothérapie institutionnelle
Les fondateurs de la psychothérapie institutionnelle.
Saint-Alban est un vieil asile tenu par des religieuses, dans une région reculée et très abandonnée du Massif Central. L'élan presque fondateur, c'est la prise de conscience, chez certains membres des équipes soignantes, qu'ils se comportent avec les malades un peu comme les gardiens des camps avec les prisonniers. Il s'agit alors de modifier l'institution : les rapports soignants / soignés. L' institution est intégrée à l'arsenal thérapeutique. L'hôpital cesse d'être le lieu où l'on est soigné (et enfermé !) pour devenir le lieu par lequel on est soigné. Du fait de la résistance durant la guerre, Lucien Bonnafé et François Tosquelles vont se rencontrer en ce lieu. Ensemble, ils vont réfléchir sur l'asile comme lieu d'exclusion et des pratiques totalitaires.

Lucien Bonnafé est un jeune psychiatre qui arrive à Saint-Alban en 1942. Adhérent au Parti Communiste, ayant des activités militantes qui l'exposaient trop dangereusement, il du s'expatrier à Paris. Avant la guerre, il fréquentait le mouvement surréaliste et a participé à la création des premiers ciné-clubs ou à des éditions de poésie. Il a également suivi les premières tentatives de réforme du front populaire qui préconisaient déjà le développement des soins extra-hospitaliers. Cette double formation nourrit sa pensée et inspire des propositions pratiques. En tant que Marxiste, il réfléchit à la situation et aux surdéterminations historiques et sociales du drame que vit l'être souffrant. Surréaliste*(cf lexique), il pressent les proximités du rêve, du fantasme, du délire, de la poésie, comme des créations qui puisent leur source dans l'inconscient. François

Tosquelles est un psychiatre catalan qui, quand survient la guerre civile en Espagne, a déjà une expérience riche. Psychanalysé, il essaie alors d'imaginer comment cette formation analytique peut servir à concevoir des structures de soins non asilaires. Condamné à mort par le régime de Franco, il se réfugie en France à l'hôpital psychiatrique de Saint-Alban, en Lozère, avec dans ses bagages, deux livres : Celui d' Hermann Simon (Hermann Simon, Aktivere Krankenbehandlung in der Irrenanstalt ; c'est dans ce livre que l'on trouve la thèse qu'un établissement est un organisme malade qu'il faut constamment soigner) et la thèse de Jacques Lacan (Jacques Lacan, De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité), dont il fait réaliser pendant la guerre des éditions clandestines par l'imprimerie du club des malades de l'hôpital.

 Il participe alors à la transformation de Saint-Alban-sur-Limagnole. La rencontre entre Bonnafé et Tosquelles va alors être extrêmement fructueuse. Ils vont associer leurs activités de résistants et un travail de remise en cause généralisée de l'organisation asilaire. Pour eux, la lutte contre l'occupant et contre la sur-aliénation est indissociable. Ce chantier sera le point de départ de la " Psychothérapie institutionnelle ".

Le syntagme "psychothérapie institutionnelle apparaît pour la première fois en 1952, dans un article intitulé « La psychothérapie institutionnelle française », publié dans la revue Anais Portugueses de Psiquiatria, écrit par deux psychiatres français : Georges Daumezon (qui en a fait la proposition) et Philippe Koechlin.

Dans l'hôpital cela se traduira par une multitude de changements au quotidien : on enlève les barreaux aux fenêtres, on ouvre les portes, les patients participent dans des réunions décisionnelles, les infirmiers sont formés et ne jouent plus le rôle de gardien. A cette période l'hôpital pour faire survivre chacun doit briser sa clôture sur lui-même : l'institution est intégrée à l'arsenal thérapeutique. L'hôpital cesse d'être le lieu où l'on est soigné (et enfermé !) pour devenir le lieu par lequel on est soigné.

Dès le départ, la richesse des références est une des caractéristiques de ce mouvement : la psychiatrie bien sûr, mais aussi Karl Marx, Célestin Freinet (un instituteur ; Freinet prête son imprimerie à l'hôpital de Saint-Alban). Plus tard, les techniques de groupe nord-américaines (Kurt Lewin, Moreno, mais aussi Rogers, Fromm : marxiste veut fr rejoindre marx et freud : par il pense que l'individu est capable de distordre son expérience intime pour se conformer aux normes sociales : fait partie d'un courant d'auteurs qui vont réfléchir sur l'impact de la culture sur l'individu et les moyens de le soulager(ex Sullivan , école de palo alto, culturalisme(influence de la culture sur l' individu et pathologies...) sont introduites à Saint-Alban par M. Monod qui y est psychologue, la psychanalyse, le surréalisme. En effet, il faut se rappeler qu'entre 1941 et 1945 plus de 40 000 personnes sont mortes dans les asiles d'aliénés, laissées à la misère la plus sordide et à la famine (Max Lafont " l'extermination douce " 1987). Saint-Alban sera un des rares lieux à y échapper. Il servira également de refuge pour cacher les clandestins dont les plus connus sont Paul Eluard et Georges Canguilhem. Des penseurs, des artistes côtoieront des malades internés, s'intéresseront à leurs texte et à leurs œuvres. Cependant, à l'heure actuelle, avec l'évolution politique, ceci est de moins en moins possible, les organismes de tutelles imposant de plus en plus l'embauche d'infirmiers. Exit les philosophes et les psychanalystes.

Dans cette approche on retrouve un principe cher à l'Education Nouvelle:
-La volonté que le patient soit partie prenante, activement, de ses soins. Cela se traduit par un investissement dans différentes institutions organisant le lieu de soins (ateliers, clubs, prise en charge du ménage, etc.).
En contrepartie l'établissement verse régulièrement une somme, évaluant le travail réalisé, à une association interne, regroupant les soignés et les soignants Je vous écris cette citation qui explique bien l'esprit de la psychothérapie institutionnelle : une remise en question de l'institution et des propositions alternatives pour la souffrance de l'être humain comme c'est le cas dans l'Odyssée du sens.(plusieurs participations sont possibles : un lien , ou une recherche suivant les parcours des individus )

« Quand un atelier marchait bien, je me souviens qu’avec Félix Guattari on restait sur la réserve. Parce que dès qu’il y a mise en place d’une instance, ou d’un atelier, ceux qui y sont ont tendance à se regrouper, à se coller les uns aux autres dans un système de cooptation imaginaire, clos. Et il y a création d’un territoire. C’est une tendance dite naturelle. Plus on travaille bien dans un atelier, plus ça se ferme. Ce que j’appelle « la loi » doit intervenir pour casser ces territoires, ou du moins pour les ouvrir.[…] Donc, il y a ce tas de gens. L’institution, quand ça existe, c’est un travail, une stratégie pour éviter que le tas de gens fermente, comme un pot de confiture dont le couvercle a été mal fermé. La mise en place d’un club, c’est un opérateur pour éviter que ça fermente, sans se contenter de résoudre le problème par le cloisonnement et l’homogénéité. Or le problème est comparable quel que soit le tas de gens ; une école, une prison, une usine, un bureau. C’est pour ça que ce qu’on a appelé la psychothérapie institutionnelle – j’ai du mal à prononcer ce mot – est une instance critique de la société dans sa globalité. Eviter la dégradation d’un tas de gens par non-vigilance, ça demande du sérieux. Le sérieux, disait Kierkegaard, ça ne peut pas se définir. Le sérieux, c’est le sérieux.[…] Ce genre de travail est une façon de singulariser les gens qui sont là, de transformer, comme disait Gabriel Tarde, la foule en public, d’avoir affaire à l’hétérogène sans essayer de l’écraser. La mise en place concrète se fait par une structure de partage. « Partage est notre maître », comme disait Pindare. Si seulement… » (Jean OUry)

Donc avant tout la pédagogie institutionnelle se caractérise par
-transformer les relations
-une participation active des deux parties de la relation
 -une coopération, le pouvoir partagé
-la mise en place de clubs ou ateliers
-la mise en relations de personnes éclectiques
 -une remise en question de l'institution

À propos d'une définition de « la notion d'institution », ces derniers écrivent « Il faut avouer, avec Ginette Michaud que cette définition est difficile, que la notion même est controversée ». Les auteurs font appel à différentes propositions. Ils citent Georges Gurvitch qui la juge « encombrante et nuisible », Gilles Deleuze pour qui « les institutions sont des systèmes organisés de moyens destinés à satisfaire les tendances ». Lévi-strauss et Sartre sont également convoqués. En ce qui me concerne, je donnerai comme définition par rapport à notre travail dans l'Odyssée du sens, système au sens où il y a interaction, mais il devient dangereux, lorsque qu'il se fige par des règles écrites et immuables, plus de remise en question possible. Pour Erwing Goffman, une institution est dite totalitaire lorsqu'elle s'accompagne de caractéristiques qui empêchent toute communication avec le monde extérieur.

Dans la pédagogie institutionnelle, l'attitude également change , pour parler de l'attitude ;
 Rogers est le plus appropprié : trois attitudes fondamentales pour lui
- congruence, authenticité
 -valorisation, acceptation inconditionnelle de l'autre
 -empathie
Citations de Rogers
Qui est il?

Je suis un psychologue ; un psychologue clinicien, à mon avis, un psychologue humaniste sans aucun doute ; un psychothérapeute profondément intéressé par la dynamique du changement dans la personnalité ; un chercheur, étudiant ces changements au mieux de ses possibilités ; dans une certaine mesure un philosophe, en particulier dans le domaine de la philosophie des sciences ou dans celui de la philosophie et de la psychologie des valeurs humaines.

Pendant plus de trente-cinq ans, j'ai consacré ma vie professionnelle à la psychothérapie et à ce qu'on appelle l'aide individuelle. Mais il y a pratiquement trente-cinq ans aussi que je me suis rendu compte des énormes changements d'attitudes et de comportement auxquels on pouvait parvenir grâce au groupe. Et depuis, je n'ai jamais cessé de m'intéresser au "groupe". Ce n'est, il est vrai, que depuis sept ou huit ans que celui-ci est devenu un des deux principaux centres d'intérêt de mon travail, l'autre étant mon essai de réponse à ce besoin crucial d'une liberté plus grande que l'on constate aujourd'hui au sein de nos institutions d'enseignement.

 Le changement
La vie, dans ce qu'elle a de meilleur, est un processus d'écoulement, de changement où rien n'est fixe.

Communication
 Tout être est une île, au sens le plus réel du mot, et il ne peut construire un pont pour communiquer avec d'autres îles que s'il est prêt à être lui-même et s'il lui est permis de l'être.

Les jeunes abordent l'âge adulte sans avoir la moindre notion de ce que peuvent être les interactions humaines et personnelles ; sans la moindre expérience d'une communication interpersonnelle véritablement partagée. J'ai souvent l'impression que notre système d'éducation vise avant tout à préparer les individus à vivre isolés dans des cages.

Compréhension
La compréhension comporte un risque. Si je me permets de comprendre vraiment une autre personne, il se pourrait que cette compréhension me fasse changer. Or, nous avons peur du changement.

Empathie
L’empathie ou la compréhension empathique consiste en la perception correcte du cadre de référence d’autrui avec les harmoniques subjectives et les valeurs personnelles qui s’y rattachent. Percevoir de manière empathique, c’est percevoir le monde subjectif d’autrui "comme si " on était cette personne – sans toutefois jamais perdre de vue qu’il s’agit d’une situation analogue, "comme si ". La capacité empathique implique donc que, par exemple, on éprouve la peine ou le plaisir d’autrui comme il l’éprouve, et qu’on en perçoive la cause comme il la perçoit (c’est-à-dire qu’on explique ses sentiments ou ses perceptions comme il se les explique), sans jamais oublier qu’il s’agit des expériences et des perceptions de l’autre. Si cette dernière condition est absente, ou cesse de jouer, il ne s’agit plus d’empathie mais d’identification.

Congruence
Congruence est le terme que nous avons employé pour indiquer une correspondance exacte entre l'expérience et la prise de conscience. Ce terme peut aussi désigner d'une façon plus large l'accord de l'expérience, de la conscience et de la communication.

Expérience
A mes yeux, l'expérience est l'autorité suprême. Ma propre expérience est la pierre de touche de toute validité. Aucune idée, qu'il s'agisse de celles d'un autre ou des miennes propres, n'a le même caractère d'autorité que mon expérience. C'est à elle que je dois revenir sans cesse, pour m'approcher de plus en plus de la vérité qui se développe graduellement en moi.

Le prochain exposé sera sur Carl Rogers nous aurons un exposé d'Eric sur le sujet et pourrons éclaircir ces termes peut être en tout cas être plus au clair avec l'outil rogérien...

Conclusion

 Ce qui importe dans la pédagogie se résume à trois choses fondamentales : la grille sociale va m'aider :
-le cadre : qui comprend l'attitude, l'atmosphère, la possibilité d'agir sur celui-ci, la possibilité de changer de rôle
-la mise en situation : par les divers cadres et outils :
        -Cadres : ateliers, stages, gîtes, être alternativement à de divers endroits : chez les membres du groupe, dans un café, dans un parc, ...
       -Outils-ressources : NDI, écoute active, carnet de bord, respiration, relaxation, le blog l'Odyssée du sens, les différents espaces sensibles, internet, étymologie, sémantique, psychologie, anthropologie, arts, littérature, philosophie, cinéma, bientôt bibliothèque...
 -et une Culture, un Esprit : la coopération, le partage des pouvoirs, la coéducation, la remise en question permanente, le postulat de départ : "je ne sais pas", des Valeurs vers lesquelles on tend : authenticité, autonomie, responsabilié, respect

Qu'est qui nous rapproche de l'Education nouvelle?
-l'idée de se faire une oeuvre de soi-même de Pestalozzi

-la loi d'unification de la vie, "Intérioriser l'extérieur et externaliser l'interieur; dans les deux cas réaliser l'unité, c'est pour lui la destinée de l'homme" de Fröbel mais pas qui n'est pas spécifiquement de lui;
-l'autoapprentissage et l'importance de l'intuition, l'action, et de constructivisme de Decroly
-la démarche de tâtonnement expérimental de Freinet
-l'importance de la parole et de l'expression de Decroly et la pédagogie institutionnelle
-l'esprit de coopération et d'hygiène mentale

Spécificités de l'Odyssée du sens
-vers un nouvel état d'être
-les outils de K : regarder sans intervenir, l'attention, l'observation de soi et de ses systèmes, ne pas nommer, regarder le processus comme une fleur qui naît, éclot et fâne.
-l'importance de l'expérience, de la pratique comme un engagement personnel
-une approche corporelle
-l'expression émotionnelle n'est pas censurée
-la NDI
 -nous apprenons à nous relaxer, à repérer ce qui ne va pas pour le transformer en une force ou autre chose
-nous apprenons à prendre la parole en groupe
-nous apprenons à nous écouter
-nous apprenons à nous questionner
-nous réfléchissons sur la relation, qu'est ce qui fait lien, qu'est ce qui fait rupture?
-chacun apprend à gérer son espace, et se positionner par rapport au groupe et à soi 
-la co-éducation : chacun peut devenir un passeur de sens
-chacun peut proposer un nouvel outil en fonction de son parcours de vie
-pas de diplôme, ce qui importe c'est le cheminement
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